Une chute, une maladie, un accident, l’avancée en âge : une personne dans la famille peut devenir dépendante petit à petit, ou brusquement sans crier gare. Le conjoint, un enfant, un frère ou une sœur devient alors proche aidant, ou « aidant », pour différentes raisons et souvent malgré lui. Sans même le savoir parfois. Presque toujours sans y être préparé.
Par où commencer ? Comment ne pas se laisser déborder ? Cinq conseils d’APAMAD et de Rivage, qui en 2017 ont accompagné 11 669 personnes dépendantes et leur famille.

Conseil n° 1 : Accepter la dépendance d’un proche

Accepter la dépendance n’est pas simple, c’est un cheminement qui prend du temps. C’est reconnaître une certaine perte de liberté, des besoins différents, et remet en question, voire bouleverse le quotidien. « Ça change les données, c’est sûr, mais on a changé le fusil d’épaule. Et on a gardé l’espoir. » témoigne Christiane RAFFNER aidante de sa sœur. Car « accepter » signifie surtout devenir une partie active de la situation imposée. « Accepter » va aussi impliquer de chercher de nouveaux repères pour, malgré tout, continuer à apprécier et profiter de la vie et de ses petits bonheurs.

Conseil n° 2 : Oser demander de l’aide, dès le début !

S’acharner à vouloir tout assumer tout seul va plutôt aggraver la situation ou provoquer d’autres problèmes. Est-ce le rôle d’un fils que de faire la toilette de sa mère ? « Il faut prendre soin de cette relation d’époux, de fille, de petit-fils : laissez un professionnel être le soignant, la cuisinière, l’administrateur, le ré-éducateur… pour qu’il redevienne votre grand, votre petite, votre chéri. » explique Soledad GERARD, psychologue pour la plateforme de répit Rivage. La France dénombre plus de 8 millions d’aidants familiaux qui vivent la dépendance d’un proche : tout un monde professionnel est organisé pour venir en aide à ces familles ! Demander de l’aide pour soi-même ou son proche n’est pas toujours évident, mais quand l’aide est en place et qu’on en ressent tous les bénéfices… on se demande pourquoi avoir tellement attendu ! Se faire aider, ce n’est pas se décharger, c’est créer de meilleures conditions.

Conseil n° 3 : Mettre en place les solutions adaptées

Il existe de nombreuses solutions d’aides qui correspondent aux différentes problématiques liées à la dépendance. La réussite tient principalement dans la mise en place de celles qui vont s’adapter au mieux aux besoins, mais aussi aux modes de vie du proche dépendant et de son aidant. APAMAD en fait son fer de lance, en proposant systématiquement, et gratuitement, la visite à domicile d’un conseiller de l’aide et de l’accompagnement : cet expert médico-social va chercher à comprendre la situation et son contexte pour proposer les solutions les plus adaptées, qu’elles soient d’APAMAD, ou proposées par d’autres professionnels (voir zoom). L’expert va également identifier les aides financières possibles.

Conseil n° 4 : Prendre du recul et faire confiance

L’aidant familial est sans doute celui qui connaît le mieux son proche dépendant. L’aidant professionnel va quant à lui apporter la technique, le conseil, l’expérience, pour faciliter et optimiser l’aide. Mettre en place des relais professionnels de confiance permet alors à l’aidant de se préserver, prendre du répit pour rester en capacité d’aider le plus longtemps possible. « Trouver des activités pour se ressourcer, prendre du recul sur ce qui est finalement secondaire, c’est tout simplement prendre soin de soi pour mieux aider l’autre. » explique Anne Wertenberg, coordinatrice des plateformes de répit Rivage (cf ci-dessous…). Rivage propose entre autres des formations gratuites pour faire le point sur ses émotions, découvrir ses capacités et ses limites dans son rôle d’aidant. « Ne pas s’énerver : ça j’ai mis longtemps à le comprendre ! Il faut arriver à se contrôler et se mettre dans la tête que c’est une maladie. » expliquait aussi Michel, époux de Marie-Jeanne, atteinte de la maladie d’Alzheimer.

Conseil n° 5 : Rester entouré

« Participer aux sorties avec d’autres aidants permet de faire des activités adaptées avec Fernand. On se change les idées, on partage du positif, et on n’est pas jugé. » explique Danièle RENNER, dont le mari est atteint de la maladie de Parkinson.  La dépression est malheureusement un risque accru pour les aidants qui s’isolent. Cela met en péril l’aide au proche dépendant, tout comme son maintien à domicile. Il faut donc absolument l’éviter en maintenant son cercle d’amis, ou en rencontrant d’autres aidants pour se confier, échanger de bonnes idées, décompresser. « Lors des ateliers de formation dédiés aux aidants, les participants découvrent bien souvent qu’ils ne sont pas seuls à vivre les mêmes situations. Et c’est un soulagement. Ils partagent leur vécu avec des professionnels, mais aussi avec d’autres aidants qui comprennent, vraiment. » conclut Hélène PERRIN, ergothérapeute chez Rivage.

Conseils, informations, services d’aide : APAMAD au 03 89 32 78 78

ZOOMS/ENCARTS – Rivage

Financé par l’Agence Régionale de Santé, Rivage est une plateforme d’accompagnement et de répit gérée par APAMAD. Elle est dédiée aux aidants d’un proche dépendant de plus de 60 ans. Sa mission est d’apporter aux aidants familiaux une écoute, un soutien, de trouver avec eux des clés, des outils pour que l’accompagnement de la personne aidée se fasse dans les meilleures conditions. Rivage organise également des escapades, ateliers et formations dédiés aux aidants familiaux… tout en proposant la prise en charge gratuite du proche dépendant pendant ce temps. Rivage est présente en Alsace depuis le sud du Haut-Rhin jusqu’aux portes de l’Eurométropole de Strasbourg.

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